Jour 18 – Sept moai, toques et lavatube

Publié le Mis à jour le

Coucher de soleil sur le sept moai regardant vers la mer

Lundi, 28 novembre – Aujourd’hui, je vais débuter mon récit par la fin. – 20h, je retourne à toute vitesse vers l’ahu Akivi, premier ahu à être restauré par l’archéologue américain William Mulloy, en 1960, et le Chilien Gonzalo Figueroa, site surnommé les 7 moai. Je veux y faire quelques clichés, dont les photos ci-dessus et ci-dessous, au moment du coucher du soleil.

7 moai regardant vers la mer

Seule assise près de l’ahu, j’ai l’impression que les moai sont tout aussi admiratifs que je le suis de ce coucher de soleil tout en pieds-de-vent (expression des Îles-de-la-Madeleine pour désigner les rayons d’un coucher de soleil). Contrairement aux autres moai de l’île, les 7 moai ont le dos au soleil levant, orientés selon la ligne solaire de l’équinoxe, regardant au loin vers l’ouest au-delà de l’océan. Même s’il paraît que ce site avait une utilité pour les astronomes pascuans, rien n’est prouvé. Les guides de l’île croient que ces moai ont été placés à cet endroit en mémoire des sept explorateurs ayant visité l’île en préparation de la venue d’Hotu Matu’a qui, selon la légende, aurait été le premier colonisateur polynésien de Te Pito O Te Henua.

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Ce cheval m’a observée, puis s’est dirigé vers moi en galopant, vers l’ahu, me frôlant de près.

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En réponse au commentaire de Gilles B.- « Je croyais que l’île était déserte lorsqu’elle a été redécouverte… », voici un texte de Daniel Pardon:

< En 1862, tout bascula dramatiquement: des esclavagistes péruviens razzièrent l’île. Toute l’élite de la société pascuane, plus de 1500 personnes estime-t-on, disparut à cette occasion et fut déportée, notamment dans les mines de guano du Pérou et les grandes haciendas. Alors que les maladies et les mauvais traitements emportaient ces esclaves les uns après les autres, l’évêque de Tahiti, Mgr Tepano Jaussen, ému par leur misère physique et morale, obtint leur rapatriement avec l’aide du consul de France à Lima, M. De Lesseps. Une quinzaine seulement revirent l’île, en y apportant, entre autres maladies, la tuberculose et la variole, qui décimèrent ceux qui avaient échappés aux captures. Au pire moment de leur dramatique histoire, en 1877, les Pascuans n’étaient que 111, luttant pour survivre et dont les racines étaient plus que fragilisées.

– 3h30 – Je me réveille tôt. Tiens, pourquoi ne pas aller capturer le lever du soleil du sommet du volcan Rano Kau. Je quitte à 5h30 avec le 4X4…. Il fait noir en mozusse ici! Pas de chance, je suis arrêtée par une barrière à peu près à mi-chemin, mais je pourrai marcher le reste. – 6h – Il fait encore noir; 6h30, il fait encore ben noir; 7h.. À peine une petite pénombre… en fait, c’est le ciel qui est chargé de gros nuages noirs à l’est. Raté pour ce matin, je reviens bredouille et me remets au lit.

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Chignons abandonnés en cours de transport sur le flan du cratère

– 9h – Ce matin – ça va pas question nourriture. Depuis que je suis arrivée à Rapa Nui, j’ai peu mangé et pas très bien mangé. En partie par ma faute, car pour les soupers, je n’ai pas envie d’aller dans les restos chics seule et mes soirées sont bien remplies à faire mes textes. Tous mes p’tits déjeuners servis dans ma cabane sont composés de: pain genre-hamburger mais pas coupé en deux, morceaux de fromage genre-synthétique et tranches de jambon genre-type charcuterie. Premier matin: cinq pains. Je demande donc à Christophe de ne pas m’en apporter le lendemain, car il m’en reste quatre. Le lendemain, trois pains + fromage + jambon. Pas de fruit.

Merci Christophe, mais je prendrai pas les pains, il m’en reste quatre, ainsi que du jambon.
Mais voyons, ils ne sont plus frais tes pains, allez prends-les!

Demain, j’aurai une dizaine de pains, du jambon et fomage à donner aux chiens errants, lorsque je serai sur la route. Nauséeuse, je n’ai pas faim. J’aime pas gaspiller mais je dois trouver quelque chose qui me redonnera l’appétit. Je pars donc à la recherche d’un resto offrant les petits déjeuners chauds! Je sillonne les rues d’Hanga Roa, de l’est à l’ouest, du nord au sud. C’est qu’il faut savoir qu’il y a 40 restaurants au village, mais les heures d’ouverture… c’est pas clair! Au moment où je reviens encore bredouille à ma jeep, une dame est à mettre les nappes sur les tables de son restaurant. Je m’arrête et lui fais signe que je veux manger. Elle part chercher un menu DESAYUNO (déjeuner – oooohhhh, j’ai un petit vertige), CAPUCHINO et plus bas TOAST… mes jambes fléchissent, je demande une table! J’ai mangé une omelette aux légumes, deux rôties chaudes, mais pâlottes, et bu deux capuchinos TRÈS acceptables. Je repars donc sur les routes de l’Île de Pâques… rayonnante!. :-). (Note: ceci pour faire sourire ceux qui connaissent ma passion pour les grands crus de café.)

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Vers midi, je me dirige vers la carrière des toques rouges en tuf ou des coiffes. Notez qu’ici, il y a deux hypothèses. L’une à l’effet que les seigneurs ou haut-placés des clans se teignaient les cheveux en rouge pour démontrer leur rang. L’autre est à l’effet, moins probable, que les habitants portaient des chapeaux. Ensuite arrêt aux 7 moai où je suis retournée en soirée pour le coucher du soleil.

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Effondrement d’un plafond d’un lavatube au pied de cet arbre

Le réseau Te Pahu est un long lavatube souterrain, le plus vaste de l’île, où la population devait trouver refuge lors des razzias esclavagistes. On y accède assez facilement avec une lampe frontale… que j’ai oubliée à ma cabane! Je croise deux Françaises arrivées en même temps que moi et séjournant chez Christophe. Elles sont en vélo sur une piste qui me fut interdite par le loueur du 4X4, mais autorisée à la famille Française et également par Christophe qui me dit: Ben oui, vas-y, y’a pas d’souci!. Elles me disent que c’est génial de ramper dans le tube de la grotte, mais que ça prend une lampe. L’une d’elle m’offre la sienne, que j’accepte. Mais une fois dans la grotte, je regarde l’ouverture du tube… ouf, non pas seule! Et si je restais coincée? Dans le doute, je m’abstiens!

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Je longe la côte ouest de l’Île de Pâques par la route interdite. Je rentre le dos brisé de s’être fait secouer sur une route particulièrement pénible. Vivement les Robax Platine à mon arrivée, mais juste avant, une autre jolie photo du Pacifique près de mon hébergement.

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Mes voisins Français coureurs-du-monde et moi se rejoignons une deuxième fois pour un 5 à 7 sur ma terrasse – bière chilienne et chips! 🙂 Nous échangeons sur notre journée et avons beaucoup d’agrément à se taquiner mutuellement sur nos deux cultures!

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2 réflexions au sujet de « Jour 18 – Sept moai, toques et lavatube »

    Evelyne a dit:
    12 avril 2013 à 23 h 07 min

    Merci Louise pour ce magnifique partage….

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      Louise a répondu:
      15 avril 2013 à 6 h 10 min

      Et merci à vous de m’avoir lue!

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