Jour 26 – Bonté contrariante

Publié le Mis à jour le

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Mon pôôôvre petit corps est tellement douloureux ce matin. Coudonc, suis-je en train de me plaindre?? Ouiiiii! Pour me rendre dans ma salle de bain, il y a une marche à monter… ouf… Puis ensuite, je dois la redescendre… misère! Et puis, je dois descendre trois étages pour le p’tit déjeuner. Vais-je me laisser mourir de faim? 🙂 J’arrive la première; personne pour se moquer de ma démarche robotique… sauf les deux soeurs de Manel, Rosie eet Sujatha, qui rigolent en me disant: Sri Pada, Sri Pada! (signifie Adam’s Peak). Ces deux femmes travaillent à la cuisine du matin vers 7h jusqu’à ce que le souper soit terminé vers 21h30. Elles parlent peu anglais, et à chaque fois que je demande quelque chose, elles me font ce signe de la tête, si charmant et unique aux Sri Lankais, comme un 8 couché sur le côté.

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Je consulte l’horaire de la semaine. Hey ben, Janaka me donne congé pour la matinée!! Parfait, mais pas question d’être en congé, sauf que je peux choisir mon lieu de travail. J’irai donc à l’orphelinat m’occuper de Chanathka.

Quatre nouveaux volontaires se joignent à l’équipe ce matin: Chloé, 19 ans, Angleterre; Paula, 67 ans, d’origine sri lankaise, vivant en Angleterre depuis l’âge de 19 ans; Matt, début quarantaine, Australie avec son fils Scott, 16 ans. Alison quitte demain, après huit semaines de volontariat; elle poursuit son année sabbatique autour du monde par un séjour à Dubaï, ensuite l’Australie.

20130107-214429.jpgJe me dirige vers l’orphelinat avec Maya et Sandhali (fille de Janaka), ainsi elle pourra traduire en cas de besoin et certaines vilaines ne pourront pas se payer notre tête. Avec les volontaires des autres organismes, nous sommes près d’une quinzaine pour la matinée et nouveauté: il y a quelques femmes arabes portant le voile. Évidemment, les vilaines se plaignent que les voiles effraient les enfants, car certains pleurent à fendre l’âme, mais ceux-ci pleurent toujours ainsi. Les enfants sont plutôt intrigués par les voiles et tirent dessus, ce qui forcent ces femmes à les replacer sans arrêt! 🙂

Ces gentilles volontaires européennes qui étaient venues à mon secours avec les toddlers au Jour 6 travaillent encore à l’orphelinat. Nous jasons toujours agréablement en se rappelant ce jour de l’horreur! Lorsque certaines employées veulent attirer notre attention, elles crient: Allo, allo!, jusqu’à ce que l’on se retourne ou les regarde pour connaître l’objet de leurs cris. Au moment de mon arrivée ce matin, une employée crie à une des volontaires européenne affairée à laver le matelas (dans une enveloppe de plastique) d’un des enfants; elle ne semble pas entendre l’employée, alors je m’approche d’elle pour lui mentionner qu’une employée l’interpelle:

Oui je sais, mais je l’ignore.
– Oh oui, pourquoi?
Je suis plus capable d’entendre ces allo-allo pour me faire donner des ordres – change la couche, lave le lit, lave le bébé – Depuis que je les ignore, je fais plus de travail sans me faire insulter.

Ces deux femmes arrivent vers 8h le matin et quitte après-midi. Elles ne vont pas dans d’autres endroits comme nous chez les elders ou les street kids. Elles lavent une dizaine de bassinettes chaque matinée, barreau par barreau, les matelas, les planchers. Elle s’occupent des bébés naissants ou âgés que de quelques mois, les lavent, leur donnent le biberon, etc. Elles travaillent très forts et pendant ce temps, quelques bonnes-femmes-aux-yeux-durs se la coulent douce en méprisant les volontaires. Ce qui semble le plus énerver ces bonne-femmes, c’est l’affection et la tendresse sincère données par les volontaires aux enfants.

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Au moment où j’arrive, une employée fait manger Chamathka, alors qu’elle est complètement étendue sur son matelas. Je fais signe à l’employée de me donner son plat, que je vais la nourrir moi-même. Elle en est bien heureuse, c’est un cas lourd cette enfant. Je vais chercher le carrosse et l’installe confortablement avec des draps bien roulés de chaque côté, afin qu’elle reste bien droite.

Chamathka ne va pas bien. Une volontaire d’un autre organisme vient m’annoncer qu’elle a été amenée à l’hôpital vendredi et essayer de savoir pourquoi et quels soins elle aurait reçus, est mission impossible. Elle peine à avaler sa nourriture (en purée), elle a pas d’appétit, elle sourit peu. Sourcils froncés, poings serrés, Chamathka est très contrariée, même en colère. Au lieu de me faire tap-tap dans la main avec sa petite main, c’est avec son poing fermé qu’elle frappe avec le visage crispé tout en me regardant bien dans les yeux. Cette petite fille intelligente est enfermée dans un corps qu’elle ne peut contrôler. Elle aurait besoin de soins d’ergo, de réadaptation, elle tousse de plus en plus, ses bronches sont remplies de sécrétion.

Je trouve un petit ballon un peu dégonflé qu’elle peut agripper de ses doigts. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle comprend qu’elle doit me relancer le ballon, ce qu’elle réussit à faire malgré ses mouvements désordonnés. Je l’installe près de la sortie, en haut des marches, et je me place au bas. Je lui lance le ballon, elle me le repousse en souriant… il déboule les marches et je le récupère. Je m’occupe d’elle pendant 2h30, elle est ma mission ici à l’orphelinat. Au moment où je la prends pour la coucher dans son lit, son corps est brûlant, sûrement à cause de la fièvre.

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À la pause du lunch, je prépare le cours d’anglais pour la classe de nursing. Les deux nouvelles m’accompagnent, Paula et Chloé. Elles sont déjà épuisées de leur matinée avec les toddlers. À mon avis, Janaka nous envoie avec eux dès notre arrivée pour nous mettre à l’épreuve et que par la suite, nous trouvions les tâches plus faciles. 🙂 Ces enfants d’âge pré-scolaire (9/10 garçons) auraient davantage besoin de testostérone autour d’eux, que les volontaires-masculins soient plus souvent assignés à jouer avec eux, plutôt que d’envoyer essentiellement les filles qui tentent désespérément d’obtenir leur attention à faire du coloriage et peinture.

Je prends tout de même le temps d’aller marcher dans le quartier pour deux raisons: chasser quelques clichés et rencontrer les résidents avec qui je suis de plus en plus familière.

Janaka vient nous voir au souper. Il est nerveux et un peu anxieux. Demain matin a lieu l’importante réunion avec la commissaire concernant notre volontariat au Senehasa Girls orphenage et la construction d’une cuisine au coût de 6 000$, fonds entièrement levés par les volontaires via nos familles et amis qui ont contribués. Incroyable d’imaginer qu’elles puissent cuisiner pour 40 personnes avec la cuisine actuelle. J’ai pu obtenir quelques photos de la cuisine, je les placerai demain sur mon blog.

GRAND MERCI À MA FAMILLE ET AMIS pour votre précieuse contribution.

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5 réflexions au sujet de « Jour 26 – Bonté contrariante »

    Jean-Paul Roy a dit:
    10 janvier 2013 à 8 h 52 min

    Bonjour Louise,
    Je prends un petit moment pour t’écrire, et rire un peu au sujet de tes articulations qui te faisaient souffrir, c’est là que l’on apperçoit qu’il y a des muscles qui ont été ignoré depuis très longtemps (lol)
    Il y a eu un vide pendant une couple de jours, et je croyais qu’il t’était arrivé quelque chose, soulagement, quand à nouveau j’ai reçu des nouvelles de tes activités. Aventure spéciale à vivre, n’est-ce pas?, Cela est très formateur, j’en suis sûr,
    Bientôt le retour pour toi, ton auto est blottie dans la neige(hahahha), j’en prend bien soin.
    Au plaisir et fait attention à toi!
    Jean-Paul

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    Sylvie lamoureux a dit:
    9 janvier 2013 à 6 h 49 min

    Bonjour Louise, j’ai suivi ton voyage depuis 2 jours et tu as toute mon admiration pour ce que tu fais à ces personnes. Je te souhaite une très belle journée

    J'aime

      Louise a répondu:
      9 janvier 2013 à 12 h 40 min

      Allo Sylvie,
      Contente d’avoir de tes nouvelles. Étais-tu en voyage à quelque part au chaud? Merci de tes commentaires et à bientôt! Louise xxx

      J'aime

    Marcelle Bilodeau a dit:
    8 janvier 2013 à 19 h 11 min

    JUsqu’à quand seras-tu là-bas?

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      Louise a répondu:
      8 janvier 2013 à 22 h 34 min

      Bonjour Marcelle,
      À suivre dans mes prochains posts! À bientôt!
      Bisous bye bye xxx

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