Publié dans Sénégal

Jour 2 – Le Tiers-monde

Aéroport Charles-de-Gaulle, terminal 2E

Jeudi 8h. Je constate avec joie qu’il y a dans le Terminal 2E quelques aires de repos avec des lits permettant de vous étendre et d’avoir les jambes plus hautes que la tête. Je repose donc mes « jets legs » pour une heure. Beaucoup de turbulences ont anéanti mes chances de sommeil en vol. Le pilote s’en est excusé… c’est qu’ils sont très polis sur Air France !! J’ai 8 heures à tuer avant mon prochain vol vers Dakar.

airport-relax

Un embarquement interminable (terme fort lorsqu’on est fatigué) nous cause un retard d’une heure trente. Le pilote nous informe que la durée du vol sera allongée de 30 minutes par un vilain vent de face de 100 km/heure… il semble bien que ce n’est pas sur ce vol que je vais récupérer quelques heures de sommeil et ma rencontre avec le staff de Project Abroad prévue vers 21h, sera passablement retardée.

Un couple de français, pas chialeux et très sympatiques, agrémente mon vol. Paulette et Bernard, grands voyageurs, cumulent plus de 80 pays visités.

Arrivée en sol africain

Après un peu plus d’une heure pour franchir la douane et près d’une heure 30 minutes pour obtenir la copie de mon visa de séjour bien collée dans mon passeport, je récupère mes 2 lourdes valises et je peux enfin sortir de ce presque joyeux bordel administratif. Il est 1h30 du matin – vendredi 13.

Cheikh Mbacke FayeÀ l’extérieur, je cherche du regard à travers la foule compactée quelqu’un portant une enseigne de Project Abroad. Les sénégalais sont très grands pour plusieurs. J’aperçois tout à coup Cheikh (on prononce : Cher -r guttural, de petite taille, sautant derrière les plus grands avec sa pancarte à bout de bras. Il a une binette pas possible, je l’aime déjà !

Je m’excuse de mon retard.

Mais non, mais non, Louise, Louise ! J’avais vérifié ton vol sur le web et je savais que tu serais en retard et que c’est très long pour les visas.

Il s’empare de mes 2 valises et un autre sénégalais vient l’aider, le chauffeur. Cheikh me montre sa pièce d’identité. Ayant déjà vu sa photo, je les suis en toute quiétude. On se dirige vers la voiture.

Louise, Louise, tu es au Sénéga!!
– Ouiiiii!
Es-tu fatiguée Louise?
– Oui, j’ai très hâte de prendre la position allongée.
Tu pourras dormir jusqu’à 7h30. On partira à 9h pour St-Louis. L’autre volontaire, Rebecca de Californie vient d’arriver, mais le temps qu’elle passe la douane et obtienne son visa, on va te conduire à l’hôtel et on reviendra prendre Rebecca.

– Parfait!
– (Quelques instants plus tard…) Louise, Louise, tu es en Afrique!!
– Hahaha! Hey oui!

On arrive à la voiture. Je rigole toute seule à l’entendre répéter mon nom 2 fois à chaque fois.

Es-tu fatiguée Louise?
– Oui mais si tu es d’accord, donnes-moi les clés, je vais conduire jusqu’à l’hôtel.
Non, non ça va aller Louise! Et on rigole un bon coup tous les deux.

Ma chambre à l’hôtel est très très modeste, propre, salle de bain publique. Je prends un douche rapide, pas d’eau chaude. Et je m’endors sans effort abasourdie de fatigue autant que par le bruit du ventilateur.

Jour 2 – Vendredi 13 décembre – Réveil à 7h30

Je suis enfoncée dans le matelas – à mémoire – comme dans un moule. Je m’en extirpe sans trop de peine, amusée à la pensée que si j’y avais passé quelques heures de plus, on aurait pu ne jamais me retrouver !:-)

Je fais un brin de toilette et descends à la salle à manger à 8h15. Mes compagnons n’y sont pas. On me sert le petit déjeuner – jus frais, café au lait à saveur de lait, baguette de pain très frais et savoureux, confiture et fromage la petite vache. J’écris un peu.

hotel

À 9h, Cheikh va réveiller Rebecca. La pauvre a vécu l’enfer à l’aéroport. Arrivée à 1h, elle en est sortie à 6h… sans ses bagages. Elle a peu de choses avec elle. Arrivant d’un transit de quelques jours dans un pays froid, elle est chaussée de bottes d’hiver et vêtements chauds. Je lui prête un chandail, des bobettes jetables (toujours utile d’en avoir avec soi) et des sandales.

Je rencontre mon premier talibé en sortant de l’hôtel. Il se place devant moi et demande de l’argent. En fait je comprends ce qu’il veut davantage que ce qu’il dit, celui-ci me parlant en wolof.

En route vers St-Louis

10h – La population de Dakar est d’environ 3 200 000 millions d’habitants. Mes premières impressions : que de sable et de poussière sur les rues et trottoirs. On dirait que des bombes sont tombées à certains endroits. Pauvreté extrême, bien au-delà de ce que j’ai vu au Sri Lanka. C’est l’Afrique noire ! Et les Sénégalais ? Ils font preuve d’une gentillesse incroyable, accueillants, souriants et rieurs. Il fait beau et chaud. L’ambiance est au plaisir dans la voiture.

C’est la saison sèche. Les sols s’assèchent, pas un brin d’herbe ou de culture nulle part, seul les arbres offrent de la verdure. Et des vidanges, partout et en quantité, et des matières plastiques. En entrant dans un petit village :

– Ouf que ça sent mauvais !
Oui, il y a vraiment beaucoup de déchets, c’est un problème, me répond Cheikh.
– T’en fais pas Rebecca, on sait que c’est pas toi qui dégage cette odeur !:-)

Un bon éclat de rire général pour un peu estomper la douleur que je ressens devant cette pauvreté. Partout des huttes et maisons délabrées, des autos et camions tombant en ruine. Des images de films défilent dans ma tête et se superposent aux images réelles me donnant ainsi une impression de déjà vu. Les chants a cappella (plus tard j’apprendrai que ce sont des prières) de la radio ajoutent un réalisme surréel à ce début de choc culturel. C’est très émouvant.

Ici et là, des restants de lac et pour certains, plus qu’un souvenir. Et finalement, le fameux fleuve Sénégal, qui en est pas à ses meilleurs jours lui non plus, que nous traversons pour entrer dans St-Louis, ville de 220 000 habitants. J’y serai pour un mois.

Nous circulons dans le Mainland, là où je serai hébergée et où je travaillerai. Des images de Kaboul vues à la télé s’imposent dans ma tête : rues défoncées, amas de roches et de béton concassé, sable et poussière, grande pauvreté… le tout sans verdure au sol. Un court moment d’inquiétude m’envahit tant qu’à mon lieu d’hébergement. La maison est bien, entourée d’un mur de béton et grillage. Tout le monde sort de la voiture, courbaturés par 4 heures de route, et on entre chez Maman Oumou.

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La joie de vivre de Cheikh est contagieuse. Je suis présentée à tous les membres de la famille : Maman Oumon, Maman (oui, j’en aurai 2), Gnagna, Oumou, Ousma, Fatou… et j’en oublie 1 ou 2. J’y arriverai sûrement dans les prochains jours. La maison est de type cottage, sur 2 étages. Ma chambre est au 2e étage, ainsi que celle d’une autre volontaire de France, la chambre de Maman Oumou et la salle de bain. Elle est meublée d’un lit simple et de 2 chaises. Gnagna me fournira une table basse pour mon ordi et autres bébelles. Une grande armoire suffit à recevoir le contenu de ma valise.

jour3-quartier1

Je fais une trop courte sieste d’une heure. Je termine mon installation en attendant l’arrivée d’Aram (une employée de Project Abroad) et de Rebecca, afin qu’elle nous conduise chez Orange (fournisseur de cartes SIM pour nos cellulaires) et au bureau de change. Nous rejoignons ensuite d’autres volontaires pour le 5 à 7 du vendredi avec le staff de l’organisme à l’Hôtel de la Résidence sur l’Île St-Louis, le centre-ville historique de St-Louis faisant partie du patrimoine protégé de l’UNESCO.

Après de multiples efforts de tous les technos de la place, nous n’arrivons pas à faire fonctionner le côté « internet et courriel » de nos cellulaires. J’appellerai Orange demain matin.

Habib Diaw2Tel que promis à Ansa de Toronto, celle qui m’a convaincue de venir au Sénégal et jusqu’à tout récemment employée de Project Abroad, je donne de beaux becs et câlins à Habib et Cheikh en son nom. MISSION ACCOMPLIE ANSA! Je comprends ton attachement pour ces 2 gamins débordant de joie de vivre et si espiègles!

Le vendredi est jour de prières et congé pour plusieurs. Les sénégalais se couchent très tard et se lèvent très tôt. Je l’apprendrai dès ma première très courte nuit…

Auteur :

Passionnée de voyages et de photographie

12 commentaires sur « Jour 2 – Le Tiers-monde »

  1. Bonjour matante ,
    J’avais bien hâte de commencé ton voyage , j’adore te lire tu nous fait entrer dans les détails.
    Si jamais tu a du temp jai un héritage qui es pris a la douane africaine il te suffit de leur payé 90$ pour qu’il débloquent mes 15 million. 🙂 merci d’avance!
    Guillaume xxxxx

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    1. Hahaha! Cher Guillaume,
      Tu m’as fait pouffer de rire à la lecture de ton commentaire. Je vais penser à ton offre et pendant ce temps, merci d’être là!
      Louise xxxxx

      J'aime

    1. Chère Ansa,
      Je veux te remercier chaleureusement pour tous les bons conseils que tu m’as donnés avant mon départ. Ils me sont très utiles maintenant. Il est fort possible que je te revienne avec d’autres questions.
      À bientôt!
      Louise xxx

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