Nord-ouest américain 2019

Jour 22 – Histoires de plage

Jour 22 -Distance parcourue : 186 km – Total : 7 567 km

Wow!! La plage!! Je sors Mado, mais elle retourne vite à la roulotte, car les chiens sont nombreux sur la plage et certains jappent à gorge déployée!! Je reviens m’asseoir sur un muret. Ça sent bon!! C’est ça la mer! J’observe mon environnement, caméra posée sur mes genoux.

Un couple quinquagénaire arrive avec un chien. Il enfonce ses pattes arrières dans le sable, cambre le dos et fait un gros tas. Mine de rien, du bout du pied, la femme pousse un tas de sable sur le tas. Derrière mes verres fumés, je lui fais des gros yeux!! Elle ne se tourne pas vers moi, je suis invisible à ses yeux!

Ben voilà donc ce gentil couple à l’aube de la quarantaine et leurs deux filles, blondes et jolies, possiblement 13 et 9. Ils s’imprègnent des lieux, arpentant d’un sens et dans l’autre, chacun marquant son territoire. 13 s’éloigne rapidement au côté de son père. La mère s’installe sur le tronc d’arbre échoué. Elle fait un croquis de la baie. 9 regarde d’un côté, de l’autre côté, elle me regarde. Elle n’a pas trouvé son territoire!

Elle fait quelques pas hésitants du côté de son père, mais se ravise. Mais hésite encore. Et repart décidée du côté de celui-ci – à forte distance. Elle tourne autour de 13, de son père, sautille, veut jouer. Elle aussi est invisible.

Elle revient vers sa mère avec un frisbee. Celle-ci s’est déplacée du tronc d’arbre à la roche. 9 fait aller ses bras, elle sautille – elle veut l’attention de sa mère. Maladroite ou impatiente, d’un geste vif, elle lance son disque vert. La mère lève la tête, mi-intéressée et sourire las, retourne à son croquis.

La mère, très appliquée, prend son téléphone intelligent et immortalise la scène dont elle fait le croquis. Et à cet instant, je me demande – que faisaient les Monets de ce monde…?  Devaient-ils se contenter de leur simple mémoire émotionnelle?

9 est blessée par l’absence de sa mère. Retenant ses sanglots et courant, elle repousse sa tristesse en direction de son père. J’assiste à son désarroi.

9:45 – Je dois aller au camping du State Park de l’autre côté de la route pour vider les boyaux de Criquette. Il n’y en a pas là où je viens de passer la nuit. Je suis étonnée que la fosse noire soit déjà pleine… Hummm, Mado doit l’utiliser en cachette!!:-) J’en ai presque terminé – un motorhome se met en file pour sa vidange. Une dame du Tennessee, voyageant en compagnie de son chien, descend de son véhicule et vient me rejoindre. C’est la première fois que ça arrive… une scène de filles qui jasent aux toilettes!! C’est que… ça sent pas très bon une « dump station »!!

10:30 – Je poursuis mon chemin sur la superbe « Pacific Coast Scenic Byway ». La côte pacifique de l’Oregon s’étire sur 584 magnifiques kilomètres et cette route de classe mondiale a un tracé de sa frontière nord à sa frontière sud. Une loi de l’état assure que chaque pouce de ce tracé soit ouvert au public : The People’s Coast. Ahhhh! L’Oregon m’a conquise!!

12:30 – Je me gâte pour le lunch! Je m’arrête à Charleston et me prend une excellente pizza grecque. Un régal!

La route panoramique de la côte est fatigante. De beauté. Chaque mille est imprévisible et me surprend. Par ses courbes prononcées et pentues, ses bouts de forêts aux arbres d’une hauteur affolante; par ses villages fanés parfois ou agités de voyageurs, son odeur de mer et de poisson, son vent humide qui vous colle à la peau, sa route étroite très souvent sans garde-fou – aux abords impardonnables. Ça vous garde dans le moment présent!!

Une grand-mer enveloppe doucement sa pupille!

14:45 – Il y a passablement de VR sur la route ce qui me fait penser à m’occuper de notre prochain hébergement dès maintenant. Je regarde sur l’application et fais un premier appel. Camping sur la plage!! 95$ US la nuit!! Hiiii! C’est NO VACANCY pour nous, car le team fait 32 pieds au total. Un seul site est disponible pour un motorisé plus court. La dame me recommande un parc national tout près. C’est un « first arrived, first served ». Je m’y rends. Ouf… il reste quelques places.

L’endroit est envoûtant!  Je suis dans une forêt tropicale humide!  La hauteur des arbres, tous couverts de mousse, donne le vertige.  Et l’odeur des lieux… Mon lot est grand et intime.  J’installe Criquette rapidement et je repars pour revoir les derniers kilomètres que j’ai effectués sans pouvoir m’arrêter.  Au retour, je m’installe dehors.  La forêt nous enveloppe, sans être oppressante.  Un petit écureuil roux crie des noms à Mado! 🙂

 

10 commentaires sur “Jour 22 – Histoires de plage

  1. La fillette à la robe rouge ferait une belle peinture ,pauvre petite çà m’aurait tenté de jouer au freesbe avec elle hihihi c’est superbe comme région et j’adore te lire comme toujours .Prends soin de toi xxx
    Lucie la cousine

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    1. Ah ben mozusse… il ne m’ait pas venu à l’esprit de jouer avec elle!! J’étais trop captivée par le film qui se jouait devant moi… possiblement. Merci Lucie! xx

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  2. Ouffff !!! Lire le passage de la fillette à la robe rouge m`a fait ressentir son isolement même en présence de ses parents….et je suis en accord avec Liliane….ces photos sont bonnes pour des concours….

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    1. J’en ai fait quelques-unes, mais elles ne plaisent pas à mon oeil de photographe, alors je ne les publie pas. J’essaiera de t’en faire une… Merci Nathalie!

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